| La suppression du juge instruction : Vers une remise en cause de l’indépendance des juges ? |
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| Droit pénal - Procédure pénale | |
| Lundi, 16 Août 2010 00:00 | |
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Le 7 janvier dernier, lors deson discours devant les juges de la Cour de cassation, le chef de l’état a annoncé la possible suppression du juge d’instruction au profit d’un « juge de l’instruction, qui contrôlera le déroulement des enquêtes mais ne les dirigera plus ».
Le juge d’instruction est un magistrat du siège chargé de diligenter des enquêtes judiciaires sur saisine du Procureur de la République notamment. Contrairement aux magistrats du parquet, le juge d’instruction est indépendant à l’égard des juridictions de jugement, du ministère public et des parties. Il échappe au contrôle du Procureur et à la surveillance du ministère de la justice. Il dispose de pouvoirs d’enquête où dans la conduite de son information il procède à tous actes d’instruction qu’il estime nécessaire à la manifestation de la vérité. De plus, il peut prononcer des décisions à caractère juridictionnel.
A
Cette annonce a suscité de nombreuses réactions au sein du monde judiciaire. Cette mesure, « ligne directrice » de la réforme de la justice qui devrait entrer en vigueur en 2009 a été dénoncée par les magistrats. Ils estiment que ceci est dangereux au regard des droits de la défense et de l’équilibre du procès pénal. Elle se traduirait par une remise en cause de l’indépendance des juges et enclencherai une justice « à deux vitesses » reposant sur une procédure d’avantage accusatoire qu’inquisitoire. En effet, évoluer vers le modèle anglo-saxon où les mesures d’investigations ne seraient attribuées qu’à l’accusation engendrerait une inégalité. Seuls ceux qui auront les moyens pourront faire des contre-enquêtes. Ce serait alors la fin de l’instruction à charge ou à décharge. En outre, il est vrai que le juge d’instruction n’intervient que dans environ 5% des procédures pénales. Mais ces procédures concernent souvent des affaires à caractère politico-financière. Or la suppression d’un juge indépendant au regard du pouvoir politique au profit d’un éventuel membre du parquet apparaît poser un problème d’indépendance de la justice et plus largement celui de la séparation des pouvoirs. La Cour européenne des droits de l’homme avait affirmé dans un arrêt du 13 juillet 2008 que « le procureur de la république n’est pas une autorité judiciaire (…), il lui manque en particulier l’indépendance à l’égard du pouvoir politique pour pouvoir être ainsi qualifié ». Que va alors penser la Haute cour européenne de notre réforme ?
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Comments
Quelle différence entre les pôles d'instruction et l'instruction collégiale prévue par les 3 magistrats ?
Merci d'éclairer ma lanterne.
Laurence, étudiante en droit.
Il n'y a pas de réelle différence entre l'instruction collégiale et les pôles de l'instruction.
Ces pôles de l’instruction permettent depuis 2010 d’instaurer une véritable collégialité de l’instruction.
Pour en savoir plus : Le décret du 16 janvier 2008au journal officiel du 18 janvier. Le nouvel article D. 15-4-4 du code de procédure pénale détermine la liste des tribunaux de grande instance dans lesquels existe un pôle de l'instruction, composé de plusieurs juges d'instruction.