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Acteurs incontournables et hommes de l’ombre – Agents sportifs

Acteurs incontournables et hommes de l’ombre – Agents sportifs

Actuellement, la majorité des sports collectifs est entrée dans la période de mutation. Pour ce qui concerne le football, la période estivale du marché des transferts pour la saison 2016/2017 a débuté le jeudi 9 juin à minuit et se clôturera le mercredi 31 août à minuit. C’est une période importante pour les agents sportifs. Le Petit Juriste est parti à la rencontre de l’un des acteurs incontournables dans le football. 

LPJ –  Bonjour, pouvez-vous nous parler de votre parcours académique ?

Christophe Mongai – Je suis titulaire d’un Mastère spécialisé en management international de la Kedge Business School. Pour financer mes études, j’ai travaillé pendant des années pour le quotidien «La Provence». Je suivais notamment le football. Je me suis rendu compte que le métier d’agent sportif en était à ses balbutiements. J’ai donc décidé de me lancer une fois ma scolarité terminée et j’ai créé en 1999 le Groupe USM. Nous avons géré la carrière d’une centaine de joueurs professionnels et nous avons notamment collaboré avec Mario Yepes (Colombie), Mauro Cetto (Argentine), Frédéric Kanoute (Mali), Bacary Sagna (France), Alexandre Song (Cameroun), Nene (Brésil), Adriano (Brésil), Wendel (Brésil), Ochoa (Mexique), Denilson (Brésil), Fabien Lemoine (France), Romain Danze (France), Jordan Amavi (France), Diego Placente (Argentine)… vous pouvez d’ailleurs suivre notre activité sur facebook.com/groupeusm et twitter.com/groupeusm

LPJ – Pouvez-vous définir ce qu’est pour vous un agent sportif ?

C.M – C’est avant tout du conseil et de la négociation. Un agent sportif doit aussi avoir un bon œil afin de pouvoir dénicher les pépites de demain.

LPJ – Pourquoi avoir choisi ce métier ?

C.M – Tout simplement parce que je suis passionné par le football. Agent sportif, c’est le seul métier qui me permettait d’allier ma passion avec ma formation de management. J’ai aujourd’hui la chance de vivre cela au quotidien. 

LPJ – Pensez-vous que le métier d’Agent Sportif s’apprend ? Si oui, comment ?

C.M – Tout s’apprend dans la vie. Le métier d’agent également. Le plus important est de se créer le réseau le plus important tant au niveau des clubs que des joueurs. Après, tout est une histoire de négociation. La rédaction des contrats est également importante. Tout cela s’acquiert avec de l’expérience.

LPJ – Une formation est-elle nécessaire ?

C.M – Je ne sais pas, peut-être. Mais je pense que ce n’est pas fondamental. Ce qui est fondamental c’est de connaître le droit et d’être déterminé à réussir. Il faut avoir la flamme et ne pas penser devenir millionnaire en faisant ce métier. Car sur les 300 ou 400 agents répertoriés en France seuls 20 ou 30 en vivent, 10 en vivent bien et 2 ou 3 en vivent très très bien !

LPJ – Est-il nécessaire d’être titulaire d’une licence pour exercer le métier d’agent sportif ?

C.M – En France, oui, c’est obligatoire. Néanmoins, dans de nombreux autres pays de l’UE une simple déclaration comme intermédiaire du sport est exigée.

LPJ – Quelle est la place du juridique dans vos activités ?

C.M – Nous travaillons de manière extrêmement professionnelle. Nous accordons la plus grande importance à tous les actes juridiques et vérifions que les dossiers sont parfaitement bouclés avant de formaliser le deal. L’aspect juridique est donc fondamental car il nous permet de sécuriser nos actes.

LPJ – Quelles sont les qualités personnelles requises pour exercer le métier d’agent sportif ?

C.M – Motivation, intuition, intelligence, persévérance sont indispensables. Il ne faut pas compter ses heures et se préparer à vivre des premières années difficiles car la concurrence fait rage. Il faut sans cesse se remettre en question et innover.

LPJ – Quelle est la semaine type d’un agent sportif pendant la période de transfert et en dehors de la période de transfert ?

C.M – Ma semaine type, pendant ou en dehors de la période de transfert, se ressemble car les transferts se préparent en amont tout au long de la saison. Il faut par conséquence rester en éveil tout au long de l’année, passer énormément de temps dans les avions, les hôtels et rester à l’écoute des besoins des clubs et des envies des joueurs.

LPJ – Les conditions de travail : vos horaires, travail le week-end et jours fériés, déplacements ?

C.M – C’est simple, il faut être disponible 24/24, 365 jours par an.

LPJ – Que diriez-vous à des jeunes étudiants en droit désireux d’être agent sportif aujourd’hui ?

C.M – Je dirais d’essayer d’aller au bout de ses rêves tout en restant réaliste. Si on se rend compte au bout de 3-4 ans qu’on n’arrive pas à en vivre. Il faut changer de voie.

LPJ – Avez-vous déjà refusé un joueur pour des considérations morales ou d’éthiques ?

C.M – Bien sûr. Et encore plus maintenant que nous sommes installés depuis près de 20 ans. Il nous est arrivé de mettre fin à un contrat avec un joueur car il ne correspondait pas ou plus à l’image que nous souhaitions véhiculer. Pouvoir dire non ou stop est un luxe dans ce métier. Un luxe qu’on peut désormais se permettre. C’est le prix de notre tranquillité.

LPJ – Quelle est selon vous la meilleure formation pour exercer ce métier ?

C.M – Je pense que les écoles de droit ou de commerce conviennent parfaitement. Toutefois la meilleure école reste l’école de la vie et de la persévérance. Croire en son rêve et tout faire pour le matérialiser.

Propos recueillis par Paul MESSI

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