Accueil > Droit international > Droit international public > La stratégie de la diplomatie française en faveur de la résolution de la crise syrienne

La stratégie de la diplomatie française en faveur de la résolution de la crise syrienne

La stratégie de la diplomatie française en faveur de la résolution de la crise syrienne


 Alors que les combats s’intensifient à Alep, ville stratégique du conflit syrien, un bilan des actions françaises menées en faveur du rétablissement de la paix en Syrie s’impose. La France, agissant en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU s’est illustrée par de multiples initiatives en faveur de l’émergence d’une solution démocratique de la crise en Syrie. Une résolution rapide de ce conflit grâce à l’intervention de l’ONU est cependant freinée par les divergences persistantes entre la communauté internationale et la Russie et la Chine. 


I.   Le rôle de la France en tant que Membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU
Depuis 17 mois, on nous rapporte quotidiennement des images et des récits de la guerre civile engagée en Syrie. Lorsque les premières manifestations pacifiques ont eu lieu en Syrie le 15 mars 2011, personne n’aurait pu prédire que ce conflit donnerait lieu à un tel déchaînement de violence. Chacun peut aujourd’hui légitimement s’interroger sur la position de la France dans ce conflit armé qui entraîne progressivement le massacre d’une population entière.
La position de la diplomatie française dans ce conflit s’exprime au travers de ses prises de position en tant que Membre du Conseil de sécurité de l’ONU, organe responsable au premier chef du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Or, l’intervention de l’ONU a surtout consisté depuis le début de ce conflit à condamner l’action de Bachar al-Assad sans intervenir militairement, à la différence de ce qui s’est passé en Libye.
Le 5 avril 2012, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une déclaration présidentielle qui demande au gouvernement syrien de faire cesser toutes les violences contre sa population et d’autoriser les secours humanitaires à apporter une aide aux personnes qui en ont besoin.
Mais, cette déclaration n’a pas de valeur juridique contraignante et elle n’est pas à elle seule, parvenue à décourager l’action de Bachar al-Assad qui a continué à repousser l’action des opposants à son régime.
Cette même résolution désigne Kofi Annan émissaire conjoint de l’Organisation des Nations Unies et la Ligue Arabe sur la crise en Syrie. Grâce aux négociations menées par Kofi Annan, le 12 avril 2012, un cessez-le-feu est conclu entre les forces du régime et l’opposition armée.
Cet accord aurait pu constituer les prémisses d’une résolution de la crise. Mais, ce dernier a été aussitôt remis en cause par l’armée syrienne et par ses opposants, et ne sera finalement jamais respecté.
Le 18 avril 2012, comme recommandé par la résolution 2042, Kofi Annan autorise le déploiement pour une période initiale de trois mois de 300 observateurs  qui se mettra rapidement en place en Syrie.
 drapeau_syrie
II.   L’affirmation d’une intervention humanitaire et non militaire de la France
Alors que le secrétaire général des Nations Unies Ban-Ki moon assimile la répression menée en Syrie à un crime contre l’humanité et que plusieurs villes sont bombardées par l’armée syrienne, au niveau diplomatique, la Chine et la Russie, alliés de la Syrie, persistent à bloquer toute intervention internationale des Nations Unies en Syrie.
Après l’échec de ses efforts de paix, Kofi Annan a démissionné le 2 août 2012 suite aux vetos russo-chinois au Conseil de sécurité au projet de résolution déposé notamment par la France, dont le contenu contraignant visait à donner dix jours au régime syrien pour cesser d’utiliser des armes lourdes contre les villes insurgées.
C’est dans ce contexte que la France a pris la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU (cette présidence mensuelle du Conseil de Sécurité échoit, à tour de rôle, à ses membres selon la règle de l’ordre alphabétique anglais du nom du pays) et a organisé à New York une réunion au niveau ministériel le jeudi 30 août 2012 pour traiter de la situation en Syrie.
L’un de ses principaux objectifs à court terme est d’approfondir le dialogue avec la Chine et la Russie afin qu’ils ne soient plus un frein à l’action onusienne.
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius souhaite rapidement mettre un terme au massacre et préparer la transition politique, sans pour autant prendre une position impérialiste et interventionniste en Syrie conformément à la volonté du Chef de l’Etat.
Sa crainte est de voir l’extension du conflit aux pays voisins, cependant il ne souhaite pas intervenir militairement dans ce conflit, mais plutôt accentuer l’aide humanitaire. Cette position est également sans doute guidée par des contraintes budgétaires en raison de la crise. La France ne peut quoiqu’il en soit intervenir militairement dans ce conflit que par le biais d’une mission de maintien de la paix coordonnée par l’ONU.
Emelyne Calimoutou
Docteur en droit
Partager
  •  
  •  
  •  
  •  

ça peut vous intéresser

EU Syrie

Intervention militaire des États-Unis en Syrie : quelles implications au regard du droit international ?

Le 4 avril 2017, une attaque présumée chimique a eu lieu sur la ville rebelle ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *