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Directeur juridique qui es-tu ?

Directeur juridique qui es-tu ?

La carrière de juriste offre de nombreuses opportunités pour les jeunes professionnels.Que l’on soit titulaire du CAPA ou non, le poste de directeur juridique attise la curiosité. Quel est leur parcours? Comment recrutent-ils leur collaborateurs? L’équipe du Grand Juriste est partie à la rencontre des grands directeurs juridiques d’aujourd’hui.

Béatrice Bihr Directrice juridique Laboratoires Téva Santé
FORMATION • Diplômée de Sciences Po et d’HEC • Master 2 droit des affaires et droit économique à la Sorbonne • LLM à l’université de Chicago • Membre des barreaux de Paris et New-York
Beatrice BirhAprès combien d’année d’expérience professionnelle avez-vous accédé à ce poste ?

J’ai exercé comme avocate pendant 10 ans avant de rejoindre l’entreprise en qualité de directrice juridique ajointe d’Artémis (holding du groupe Kering), puis de directrice juridique du groupe 118218. J’ai rejoint le laboratoire Teva Santé il y a 6 mois.

Privilégiez-vous les candidats ayant obtenu le CAPA dans vos équipes ?

Non – je sélectionne en fonction du parcours académique, des expériences professionnelles mais également des qualités humaines des candidats.

Citez 3 qualités que vous recherchez chez vos collaborateurs

Au-delà des compétences purement techniques, je recherche des collaborateurs qui ont un bon relationnel et qui sont capables de comprendre les enjeux business car notre métier nous met en contact avec de nombreux opérationnels. Ils doivent également être capables de travailler en équipe à la différence des avocats qui travaille de manière plus solitaire. Enfin, je recherche des juristes créatifs et motivés qui pourront contribuer au développement de l’entreprise.

Maurice Feferman Directeur juridique Swiss Life
FORMATION • Diplômé des Arts et Métiers • Master 2 droit immobilier et de la construction d’Assas

Maurice FefermanQuel est votre parcours académique ?

J’ai une double formation. Je suis diplômé des Arts et Métiers (Institut d’études économiques et juridiques appliquées à l’immobilier, la construction et l’habitat) et suis titulaire du Master 2 droit immobilier et de la construction d’Assas.

Après combien d’années d’expérience professionnelle avez-vous accédé à ce poste ? 

J’ai eu des fonctions de direction une dizaine d’années après la fin de mon cursus universitaire. C’est ainsi que j’ai eu la chance d’occuper des postes clefs au sein d’entreprises de premier plan, je pense en particulier à FONCIA ou Swiss Life immobilier plus récemment, ou auprès de syndicats professionnels, notamment la FNAIM.

Privilégiez-vous les candidats ayant obtenu le CAPA dans vos équipes ?

Ce n’est pas un critère de sélection. Je suis plutôt enclin à privilégier les candidats qui disposent d’une expérience opérationnelle.

Citez 3 qualités que vous recherchez chez vos collaborateurs.

L’envie est la première qualité qui me vient à l’esprit. Travailler avec des gens engagés, motivés, voire passionnés, me paraît essentiel. Par ailleurs, comme nos activités nécessitent de travailler ensemble, la communication qui en découle doit reposer sur des relations de confiance réciproque. La loyauté est la seconde qualité à laquelle je suis attaché, celle-ci devant demeurer indéfectible tant à l’égard de l’ensemble des collaborateurs que de l’entreprise. Enfin, le pragmatisme est une qualité importante pour répondre aux attentes de nos clients, qu’ils soient en interne ou non. On dit fréquemment que le « bon juriste » est celui qui trouve vingt solutions à un problème et non l’inverse. Le juriste doit rester un facilitateur et permettre de prendre une décision éclairée.

Gerard Gardella Directeur juridique Société générale (1992-2014)
FORMATION • DESS en droit public, Paris 2 • Diplômé de Sciences Po Paris, section Eco-Fi • Diplômé de l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM)

Gérard GARDELLA_3Après combien d’année d’expérience professionnelle avez-vous accédé à ce poste ?

J’ai d’abord été magistrat, pendant près de 16 ans, successivement juge d’instruction à Versailles, puis magistrat à la Chancellerie, puis adjoint du Directeur juridique de la COB, enfin secrétaire General du Conseil du Marché à Terme, organisme de régulation du MATIF. En 1990, j’ai rejoint la Société Générale comme Directeur du Contentieux, avant d’être nommé, en octobre 1992, Directeur Juridique du Groupe Société Générale. J’ai occupé ce poste pendant 22 années, jusque fin octobre 2014. Ce poste est tout à fait passionnant, tant par la gestion d’équipes nombreuses de juristes (jusque 1500) que par la diversité des activités, disciplines juridiques et pays concernés.

Privilégiez-vous les candidats ayant obtenu le CAPA dans vos équipes ?

Oui, nous privilégions, partout dans le monde, le recrutement de juristes ayant une formation professionnelle d’avocat. Dans certains pays, c’est d’ailleurs quasi obligatoire pour être juriste de banque au sens plein du terme (États Unis, Grande Bretagne, Espagne par exemple). Pour la France, il est important de disposer de juristes aptes à s’inscrire, en particulier par le jeu des équivalences au sein de l’Union Européenne, à des Barreaux autres qu’un  Barreau français. C’est un véritable facteur de mobilité internationale !

Citez 3 qualités que vous recherchez chez vos collaborateurs

D’abord, le sens de l’application pragmatique du droit. Le juriste n’est plus, ne peut plus être, l’empêcheur de tourner en rond qui se contente de signaler des risques juridiques. Il doit trouver des solutions conformes au droit, dans des situations où, en première approche, on pourrait penser qu’une opération ne peut pas se faire en raison d’obstacles juridiques. Ensuite, le sens des responsabilités. Les juristes d’une grande banque doivent prendre en charge de façon généralement très autonome des dossiers complexes. Enfin, l’esprit d’équipe. Les juristes d’entreprises doivent savoir avoir recours aux équipes de juristes plus spécialisés qu’eux-mêmes, pour recueillir des conseils ou des orientations dans le traitement de leurs dossiers. De plus, ils doivent être à l’écoute de leurs « clients internes », qui sont des opérationnels non juristes et qu’ils doivent aider positivement dans la conduite de leur business. Là encore, les juristes internes sont dans la même situation que les avocats: il leur faut développer leur clientèle, leur fonds de commerce.

François Pinon Directeur Juridique Accor
FORMATION • Prépa hypokhâgne puis khâgne • Maîtrise de lettres • Maîtrise de droit fiscal • Maîtrise de carrières judiciaires

Francois pinonComment êtes- vous devenu directeur juridique ?

Cela prend plusieurs années avant de devenir directeur juridique. En 1989, j’ai décroché mon premier emploi à Eurodisney afin d’accompagner la naissance de ce projet qui a ouvert en 1992. Je suis resté 6 ans à ce poste de paralegal avant de m’envoler pour Beyrouth. Là-bas, je travaillais sur la négociation des contrats de (re) construction de la ville. J’avais acquis cette expérience lors de la construction du parc Eurodisney. En 1998, j’accède à mon premier poste de directeur juridique dans une société d’informatique rachetée depuis par HP. Suite à une opportunité je suis retourné à Eurodisney pour prendre les casquettes successives de directeur juridique adjoint puis directeur juridique (tout court). Depuis 2011 j’occupe le poste de Directeur juridique Groupe ainsi que, depuis un an, de secrétaire du conseil d’administration au sein du Groupe Accor.

Quels sont selon vous les 3 qualités essentielles à un bon juriste d’entreprise ?

Avant tout, il est essentiel d’être un bon juriste, c’est-à-dire avoir une capacité au-delà de ses connaissances juridiques à construire et mener un raisonnement juridique fiable. La personnalité est également quelque chose qui est très important pour un juriste d’entreprise. Un juriste au sein d’une entreprise doit savoir être ouvert, attentif, curieux, et surtout faire preuve d’une intelligence sociale et émotionnelle. C’est indispensable pour travailler avec les différentes équipes. Enfin, pas de bon juriste d’entreprise sans une véritable intégrité ! Il est important d’être honnête avec soi-même sur la réalité d’une situation mais également de savoir partager ses convictions ou interrogations avec ses équipes et ses clients.

Et dans vos équipes, CAPA ou pas CAPA ?

Etre ou non titulaire du CAPA n’est pas pour moi un critère absolu de sélection pour un juriste d’entreprise. Au-delà d’une formation de base évidemment indispensable, je privilégie davantage une personnalité à des diplômes en particulier.

 

Propos reccueillis par Laura Lizé

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