Toucher intime sur endormi : pas vu pas pris

La ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes a reçu ce mardi 27 octobre 2015 le rapport[1] sur la formation clinique des étudiants en médecine notamment sur les conditions d’apprentissage de l’examen pelvien sur des patients endormis. Les conclusions de la Conférence des doyens de facultés de médecines, en charge du rapport, sont extrêmement préoccupantes. Près de 30 % des examens pelviens, plus communément appelés touchers vaginaux et rectaux, sont réalisés sans consentement préalable lorsque la personne est sous anesthésie générale. Ces examens non consentis seraient surtout pratiqués par des étudiants en formation.

La première réaction est de penser que les praticiens s’exposent à des poursuites judiciaires sur le fondement de l’article L. 1111-4 du Code de santé publique comme l’ont évoqué d’abord la ministre puis la presse, mais le point le plus important se situe surtout sur la relation de soin.

Il est ici regrettable de constater que les agissements illégaux de certains médecins sont en train de ternir l’image de l’art médical. Ce rapport vient fragiliser le lien si important de confiance entre le professionnel de santé et son patient. Comment avoir confiance en ses médecins avec ces chiffres ? Est-il demandé au patient d’accepter le risque que la relation qu’il noue avec un médecin dans un objectif curatif, se transforme en une exposition publique à visée pédagogique ?

Si ces pratiques se poursuivent, le singulier devient la pluralité, l’intime devient le public, le patient devient le cobaye, mais rassurez-vous, le patient n’en saura rien.

Thomas Chastagner

[1] http://www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/271015_-_Rapport_-_Formation_clinique_etudiants_medecine.pdf

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