Comment réussir l’ENM ?

 

Yohan Desquaires

Auditeur de justice

Guide Formation : Depuis quand souhaites tu être magistrat ?

Yohan Desquaires : J’ai voulu devenir magistrat au cours de ma première année de Master. Autant dire que je ne suis pas né en robe avec un Code civil entre les mains. Ce souhait résulte d’une décision que certains
pourraient qualifier de tardive, mais que j’estime construite et réfléchie.
A ce sujet, puisque la motivation est un des points sur lequel le jury évalue le candidat admissible lors du « grand oral », veillez à rester sincère. L’affirmation plus ou moins mensongère d’une vocation précoce quand bien même il en existe quelques-unes- peut facilement être perçue comme une légère méconnaissance de la fonction de juger, et, au pire, susciter la méfiance des membres du jury et vous mettre en difficulté pour le reste de l’entretien. Restez-vous même !
G. F. : Quel a été ton parcours universitaire ?
Y. D. : J’ai suivi un parcours universitaire somme toute assez classique à la faculté de droit de Versailles Saint Quentin en Yvelines: d’abord une Licence de droit, puis un Master 1 de droit privé et un Master 2 Carrières judiciaires. J’ai ensuite postulé et rejoint la classe préparatoire intégrée de l’Ecole Nationale de la
Magistrature, qui vise à préparer les étudiants méritants et motivés issus de milieux sociaux modestes.
G. F. : Comment as-tu préparé les épreuves écrites ?
Y. D. : J’ai préparé le concours en privilégiant les entrainements en condition réelle plutôt qu’un apprentissage à la chaine. Certes, le programme est immense et un travail rigoureux est indispensable. Mais il devient inutile si l’on ne s’habitue pas à raisonner et disserter sur un temps de 5 heures, très différent des 3 heures de dissertation à l’université. La méthode et la gestion du temps s’acquièrent par la pratique répétée d’épreuves blanches, et seule l’assimilation de ces éléments m’a permis de rendre une copie construite et cohérente sur un sujet que je ne maitrisais pas ou peu. En outre, une attention particulière doit être portée aux grands enjeux du monde contemporain. En témoignent les récents sujets sur les frontières, l’eau, le citoyen, les confrontations identitaires et culturelles… A ce titre, une lecture  quotidienne d’articles divers et variés aux opinions différentes est un atout considérable en vue de la réussite de ce concours.
G. F. : Quels conseils donnerais tu aux futurs candidats pour réussir ? Notamment, les matières sur lesquelles il faut se focaliser davantage ?
Y. D. : Concentrez-vous principalement sur les dissertations juridiques et celle de culture générale. Il ne faut pas non plus négliger l’épreuve de droit public, qui vaut presque autant qu’une dissertation en terme de coefficient, et que de nombreux candidats sous estiment. Grave erreur, puisqu’elle peut devenir votre ticket première classe pour l’admission !

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