La legaltech entre dans les facs

La legaltech fera partie du quotidien des juristes de demain. Certaines universités ont ainsi créé des cursus intégrant ces outils. Ces nouveaux programmes attirent nombre d’étudiants, comme Pierre-Arnaud Saucier et Alexandre de Castro qui ont jugé indispensable de se former à ce nouveau marché.

Alexandre de Castro a suivi le DU justice prédictive & legaltech de l’université de Nîmes

« À l’université, nous n’avons pas de vision entrepreneuriale du droit. J’ai découvert l’univers des legaltechs grâce à Guillaume Zambrano, enseignant-chercheur et maître de conférences en droit privé à l’université de Nîmes. C’est lui qui est à l’origine du DU justice prédictive & legaltech », confie Alexandre de Castro. Le jeune homme de 25 ans a opté l’année dernière pour ce cursus créé en partenariat avec la start-up Predictice.

Après son master 2 enseignement clinique du droit des affaires à l’université de Nîmes, il suit donc durant un mois les dix séminaires du DU consacrés à la transformation numérique du droit. « Lors d’ateliers, on nous initie notamment aux outils d’intelligence artificielle, au codage informatique. Des professionnels qui ont créé leur start-up nous présentent leurs innovations… Cela m’a donné une nouvelle vision du droit. J’ai compris l’importance et la valeur ajoutée de toutes ces nouvelles technologies. J’avoue que cela m’intéresse vraiment », explique Alexandre.

Aujourd’hui en stage au sein d’un cabinet d’expertise comptable, le jeune homme pourrait ensuite envisager d’intégrer une start-up, convaincu que la maîtrise des outils numériques pour les futurs professionnels du droit va devenir une compétence très recherchée par les recruteurs. L’obtention de ce DU, il le sait, sera un plus dans son CV.

Pierre-Arnaud Saucier suit le DU transformation numérique du droit et legaltech à Paris 2 Panthéon-Assas

Fraîchement diplômé du master 2 droit des affaires et économie de l’université Paris 2 Panthéon-Assas dirigé par Bruno Deffains, Pierre-Arnaud décide de s’inscrire dans le DU transformation numérique du droit et legaltech dirigé par le même professeur. « Son approche américaine m’a tout de suite séduit. Après cinq années de droit assez théoriques, je souhaitais suivre une formation avec une approche concrète et innovante », explique le jeune homme qui a multiplié les expériences extrascolaires au cours de son cursus dont un passage en tant que vice-président à l’association Coffee House Assas qui met en relation étudiants en droit et professionnels. Pierre-Arnaud est aussi le cofondateur de Healoz, une société de référencement local.

Cette dernière expérience entrepreneuriale a assurément compté pour lui dans son dossier de sélection pour intégrer ce DU transformation numérique du droit et legaltech. « Au-delà de l’excellence académique, l’équipe pédagogique recrute des candidats qui ont cette fibre d’entrepreneur et qui veulent ajouter de vraies compétences numériques à leur parcours », souligne l’étudiant qui fait désormais partie de la troisième promotion du DU avec 14 candidats chanceux aux profils divers : étudiants, avocats, ingénieurs… « A l’issue de ce cursus, nous devrons être capables d’opérer une transformation digitale dans un cabinet. Des entrepreneurs nous enseignent le marketing digital. Récemment, Martin Bussy, cofondateur de Jarvis Legal, la solution digitale pour cabinets d’avocats, nous a donné toutes les ficelles pour convaincre les cabinets d’intégrer les legaltechs dans leur quotidien. Nous allons aussi apprendre le codage de base pour savoir automatiser un contrat… À l’issue de notre cursus, nous serons opérationnels », lance Pierre Arnaud enthousiaste. Pour valider leur diplôme, les candidats présenteront un projet de digitalisation du droit lors du concours TechnodroitS92. Une rencontre 100 % legaltech que le futur tech lawyer attend avec impatience.

Séverine Tavennec

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