Rester aux Etats-Unis après un LL.M. : illusion ou projet réaliste ?

Le LL.M aux Etats-Unis est souvent présenté comme la porte d’accès à une carrière plus prestigieuse dans votre pays d’origine ou une carrière internationale. Quelles opportunités existent vraiment pour les étudiants diplômés qui veulent rester 3 mois, 12 mois ou des années aux Etats-Unis ?

Si vous avez déjà fait des recherches sur les opportunités à l’étranger concernant les stages, VIE ou l’obtention des permis de travail, vous savez que le secteur juridique est limité comparé à d’autres (comme la finance ou le marketing). Faire un LL.M. vous offre cependant une longueur d’avance sur les étudiants en droit non titulaires d’un LL.M. pour obtenir une expérience professionnelle aux Etats-Unis.

 

  1. Pendant l’année scolaire : les clinics et les postes de research assistants

Si le terme de clinic vous semble étranger, ne vous en faites pas, c’était mon cas aussi. Les law school clinics sont des programmes offerts par les universités pour former les étudiants à la pratique du droit sur de vrais dossiers sous la direction d’un professeur. Participer à une clinic vous donne à la fois des crédits universitaires et une expérience pratique. De plus, elles sont souvent spécialisées (taxes, immigration, propriété intellectuelle etc.) ce qui permet de vraiment valoriser votre expérience. Si vous êtes chanceux, votre professeur vous proposera peut être un poste qui a des chances de vous ouvrir les portes du visa de travail H1B.

Si vous préférez la théorie à la pratique, vous pouvez postuler pour être research assistant. N’hésitez pas à candidater librement auprès des professeurs qui vous intéressent. Ces positions ne sont pas forcément très médiatisées et prendre l’initiative est toujours apprécié aux USA.

 

  1. Après le LL.M : l’OPT, une opportunité en or.

L’OPT (Optional Practical Training) est une autorisation de travail délivrée pour une durée maximum de 12 mois (pour les étudiants en droit) à tout étudiant ayant complété deux semestres successifs à temps plein. L’étudiant n’aura le droit qu’à 90 jours d’inactivité, répartis sur les 12 mois, mais le statut peut être conservé en faisant du bénévolat à hauteur de 20 heures par semaine. Toute activité professionnelle pratiquée, rémunérée ou non, doit se faire dans le même domaine que le diplôme américain.

Le conseil donné par les services d’orientation est de dénicher un poste dans une entreprise susceptible de vous sponsoriser pour un visa de travail.

Les frais de dossiers pour l’OPT sont d’environ $380. La procédure prend plusieurs mois : environ 1 mois pour que l’université vous délivre les papiers nécessaires pour la candidature et jusqu’à 3 mois pour que l’USCIS (services d’immigration des US) vous envoie votre permis de travail.

 

  1. Décrocher un poste : l’importance du networking.

L’OPT ne garantit pas un poste. Comment trouver un emploi ? Le networking est VOTRE atout en tant qu’étudiant international. Ne le négligez pas. En effet, si un poste non-rémunéré vous sera facile à trouver avec un minimum de networking (voire juste en cherchant sur le site d’annonces en ligne Craigslist), quand on veut décrocher un poste rémunéré, se faire un réseau devient un job à temps plein.

Sachez aussi que moins votre université est reconnue, plus vous allez devoir vous battre pour obtenir un poste car les places sont limitées dans les grands cabinets et entreprises.

  • Devenez membre des associations étudiantes, souvent plus actives que les associations des facultés françaises. Postulez pour être M. representative dans la Student Bar Association. Passionné de droit du sport ? Rejoignez l’association de Sports Law. Il existe une grande diversité d’associations qui organisent des évènements de networking avec des professionnels et vous permettent de rencontrer des étudiants locaux.
  • Rejoignez les associations professionnelles. Les différentes Bar Associations, locales ou nationale (American Bar Association), sont gratuites pour les étudiants. Profitez-en pour vous faire un réseau ! Personnellement, j’ai trouvé que la Bar Association de ma ville était très ouverte, active et facile à rejoindre. 50% de mon networking se faisait là vu que je cherchais à rester sur place (j’ai finalement dû partir à NYC pour trouver un poste).
  • N’oubliez pas vos professeurs. Ce n’est pas comme les facultés françaises. Les profs n’hésitent pas à vous donner des conseils voir vous donner des contacts s’ils savent ce que vous cherchez. Une de mes professeurs est devenue une très bonne source de contacts et c’était rafraichissant d’avoir du soutien dans la communauté.
  • Profitez des services d’orientation (Career Services) offerts par l’université. Faites relire votre C.V (resume) par un conseiller, inscrivez-vous sur le site où les annonces sont postées, prenez un entretien pour peaufiner vos interviews.
  • Prenez note des différentes Job Fairs existantes, comme celle de New York réservées aux LL.M. en janvier. Il en existe pour tous les secteurs : propriété intellectuelle, droit fiscal, public interest law

 

Ma propre expérience : J’ai vu de nombreux étudiants internationaux repartir après n’avoir pas trouvé de positions rémunérées, même ceux ayant candidaté à des centaines de postes et ayant plus d’expérience juridique que moi. Mon poste ? Je l’ai trouvé en participant à une activité locale où j’ai rencontré un professionnel que j’ai pris l’initiative de contacter en expliquant ma recherche de poste (après quelques mois, on devient plus téméraire).

 

En cas d’urgence : ne négligez pas, surtout si vous ne trouvez toujours rien, à postuler dans les personal injury law firms, vous savez, ces cabinets qui font des pubs à la TV et dont le business consiste à chercher réparation notamment pour des dommages crées par des accidents de la route et du travail. Certes, ce n’est pas glamour mais c’est souvent un secteur qui recrute car les candidats ne se bousculent pas. Une expérience juridique aux Etats-Unis peut toujours être valorisée sur un C.V.

 

New York, ville d’opportunités : NYC est une vraie plateforme pour les professionnels juridiques français. La ville regorge d’opportunités même si c’est une ville difficile. Le barreau de New York est l’un des seuls que vous pouvez passer et si vous l’obtenez, vous pourrez prétendre à des postes d’avocats là-bas. Rejoignez les différents groupes de networking français qui pourront vous aider.

 

 

  1. La suite de l’OPT : le mirage de l’H1B.

Le H1B est LE visa de travail qu’espèrent obtenir les étudiants en OPT. Malheureusement, le système relève plus de la chance que du mérite. Il n’y a que 85,000 visas délivrés tous les ans et seuls les dossiers sélectionnés pendant une loterie sont examinés. Cette année, les avocats estiment que seuls 20% des candidats obtiendront le précieux H1B. A cette limitation numéraire s’ajoute des limites administratives comme le fait que le candidat doit postuler pour un H1B dans le même secteur que ses études (pas possible de passer de juriste à comptable par exemple), que le poste doit nécessiter au minimum une licence (ce qui exclut les postes juridiques proches de l’administratif comme les paralegals dont le diplôme est l’équivalent d’un DEUG aux USA), sans oublier que la loterie ouvre le 1er avril de chaque année mais que le visa ne commence que le 1er octobre suivant (vous avez cependant le droit de demander une extension si votre OPT se finit entre le 1er avril et le 1er octobre pour maintenir votre statut).

 

Astuce : la limitation numéraire ne s’applique pas aux candidats sponsorisés par une institution of higher education (ou les entités à but non-lucratif affiliées comme les law clinics des universités) donc ne négligez pas l’opportunité que cela représente, par une nonprofit research organization, ou une government research organization. Le site HERC est une très bonne base de données pour les jobs dans l’éducation supérieure. Attention cependant, beaucoup d’universités refusent de sponsoriser lorsque le poste est purement administratif.

 

  1. Un nombre limité de visas pour la profession juridique.

La profession juridique se trouve confrontée à des limitations en ce qui concerne les autres visas disponibles. Si vous n’obtenez pas le H1B et que votre employeur ne vous sponsorise pas pour une Green Card (qui coûte facilement $10,000), ce sera très difficile de rester aux Etats-Unis.

Les secteurs de l’IT et du médical sont en demande et possèdent parfois leurs propres catégories de visas. Si vous êtes en début de carrière, vous ne pouvez pas postuler pour les visas d’extraordinary ability. Le juriste n’étant généralement pas dans une position de manager, ces types de visas sont aussi hors de portée. Bref, à vous d’éplucher les règles d’immigration et les différents types de visas pour voir si vous êtes admissible.

 

Des pistes possibles ?

 

  1. Le L-1 : le projet à long terme

Le L- 1 est un visa de transfert intra-entreprise ouvert aux employés en postes de manager, executive ou specialized knowledge ayant travaillé pour l’entreprise, en dehors des USA, pendant 12 mois consécutifs dans les 36 derniers mois.

 

  1. Le E-1/E-2 : une niche très particulière

Le E-1 treaty trader et E-2 treaty investor sont ouverts aux entreprises françaises (et leurs employés dans des postes d’executive, manager ou specialist/essential skilled workers) qui commercent en quantité importante avec les USA ou ont des investissements significatifs aux USA.

 

 

Bon courage !

 

Hélène Balcerac

Faites le plein d’info sur les LL.M. sur le site Findyourllm.com

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