La clinique juridique de l’HEDAC présentée par ses fondatrices

La clinique juridique de la Haute Ecole des Avocats conseils (HEDAC) a vu le jour en janvier 2021. Elle est le fruit du travail collaboratif d’un noyau d’élèves-avocats, appuyés par des professionnels du barreau. Pour en savoir plus, Le Petit Juriste est allé à la rencontre de sa fondatrice, Sarah Basraoui, et sa co-fondatrice Johanna Altit. Respectivement présidente et vice-présidente de la clinique, elles ont accepté de nous présenter leur projet.

Pour comprendre comment la clinique a éclos, il faut avant tout saisir les philosophies visionnaires de ses protagonistes.

« Je me suis rendu compte que le métier d’avocat est intimement lié à la personne et à ses valeurs »

Après une licence de droit spécialisation anglais à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Sarah a obtenu un master 1 de droit privé, spécialité carrières judiciaires, et un master 2 de droit des contrats et de la concurrence, au sein de la même université. A la suite de ce cursus aux consonances privées, elle a vécu trois ans et demi en Angleterre, où elle a été confrontée à de multiples aspects du droit qui touchaient à la fois à la santé, ou encore au logement. D’abord, il faut savoir que sur place, l’accès au droit n’est pas aussi simple qu’en France : comme les avocats coûtent très cher, les cliniques sont beaucoup plus démocratisées. De retour en France et maman de deux enfants, elle s’est réorientée en droit pénal dès 2019 en s’inscrivant à l’examen du CRFPA. « Je me suis rendu compte que le métier d’avocat est intimement lié à la personne et à ses valeurs. Quand les deux sont en osmose, on ne peut que devenir un meilleur praticien ». Forte de ses principes, Sarah va réaliser son stage final en droit de la réparation du dommage corporel. Ce qu’elle souhaite, c’est intervenir dans le processus de reconstruction de ses futurs clients, pour améliorer leur quotidien à son échelle. « Exercer un métier qui nous passionne et qui contribue par là-même à améliorer la vie de son prochain, au moment où il en a parfois le plus besoin, c’est, à mes yeux, un ingrédient précieux de bonheur et de satisfaction. »

« Je ressentais un goût d’inachevé. Ce qu’il me manquait, c’était les conclusions et la plaidoirie »

A l’image de sa consœur, Johanna a un parcours riche d’expériences puisqu’elle a réalisé sa licence de droit à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, alors qu’elle était sportive de haut niveau. En ce sens, elle a porté les couleurs de l’université lors de championnats nationaux et européens de taekwondo. En juin 2018, elle a rejoint la DRH de la PME TLTI, pour l’accompagner dans la création du service juridique de l’entreprise. Cette expérience a bercé son apprentissage de deux ans dans le cadre de son master de droit social, droit des ressources humaines, et droit de la protection sociale. A l’issue de son cursus, elle a été embauchée en CDI alors qu’elle passait le CRFPA. Les cours à l’HEDAC ayant commencé en janvier 2021, elle est aujourd’hui en temps partiel. Parallèlement, Johanna est chargée de travaux dirigés en droit social. Son choix de spécialité résulte de péripéties personnelles. En effet, en 2018, son père, qui est chef d’entreprise, a été confronté à une procédure prud’homale. « Je voulais lui donner des billes pour s’en sortir ». La profession d’avocat est apparue évidente lors de son expérience en entreprise. « J’aime le monde de l’entreprise, mais chaque fois que je donnais toutes les clés du dossier aux avocats, je ressentais un goût d’inachevé. Ce qu’il me manquait, c’était les conclusions et la plaidoirie ».

« Créer un projet et y prendre part, ça rassemble »

En raison de la situation sanitaire, les élèves de l’HEDAC suivent leurs cours en visioconférence. Leur formation se divise en trois parties. D’abord, ils passent six mois à l’école, puis douze mois répartis entre un stage PPI, à réaliser en dehors d’un cabinet d’avocat, et un stage final. A la fin de cette formation, les élèves passent leur CAPA final.

La distance physique générée par la crise sanitaire s’est métamorphosée en distance sociale entre les élèves, qui avaient pourtant surmonté nombre d’incertitudes pour atteindre leur objectif. Pour dépasser ce phénomène, Sarah a proposé son projet de clinique juridique, lors d’un post sur Facebook. « Créer un projet, y prendre part, ça rassemble ». Pour beaucoup, il apparaissait comme la dernière occasion de créer des liens amicaux, mais aussi entre futurs confrères.

«  Eclairer, informer, orienter »

La clinique repose sur des aspects humains et professionnels. Elle résulte de la volonté des élèves-avocats d’apporter leur aide, tout en peaufinant leurs connaissances et leurs compétences. A termes, cela leur permettra d’être opérationnels le moment venu.

Ses objectifs sont simples et tiennent en un slogan : « Eclairer, informer, orienter » le justiciable. Pour ce faire, neuf pôles, allant du droit des animaux, au droit des affaires, ont été créés. Chacun est sous la responsabilité d’un membre du bureau, qui reste assez libre quant à son organisation. Comme le souligne Sarah, « ils doivent avant tout prendre plaisir à ce qu’ils font, donc il ne sert à rien de les matraquer de règles ». Ainsi, des fiches de droit et des articles sont régulièrement publiés.

« On travaille de concert pour l’objectif commun : l’accès au droit pour les justiciables »

Prochainement, la clinique pourra déployer ses permanences juridiques. Elles seront issues du travail d’Anthony et Aubin, les coordinateurs barreau qui sont en lien direct avec quatre barreaux. En effet, pour éviter de contrevenir à leur monopole de conseil, les élèves sont accompagnés de professionnels. « On travaille de concert pour l’objectif commun : l’accès au droit pour les justiciables ».

Par ailleurs, les barreaux serviront d’intermédiaires pour faire connaitre la clinique, qui travaille actuellement à la création de son site internet. Cependant, les co-fondatrices restent persuadées que le moment où la coordination avec les barreaux sera mise en place sera la consolidation de leur projet.

« On le fait pour les promos à venir. On leur construit des fondations solides »

En effet, alors que les permanences n’ont pas encore pu voir le jour en raison de circonstances extérieures, les membres de la clinique regorgent d’idées pour son épanouissement pérenne. Par exemple, Johanna organise un webinaire en partenariat avec l’UVSQ, et le Professeur Benoit Petit, dont le thème sera bientôt révélé.

De la même façon, un colloque intéressant tous les pôles devrait être mis en place d’ici la fin de l’année. « L’objectif de ce rendez-vous annuel est qu’il soit repris par les futurs élèves-avocats ». Ainsi, les deux jeunes femmes ont conscience qu’elles ne profiteront sûrement pas des conséquences de leur investissement. « On le fait pour les promos à venir. On leur construit des fondations solides. » Toutefois, elles affirment sans hésiter qu’elles seront là pour les générations suivantes. En tant qu’avocates, elles resteront une porte ouverte pour les autres promotions.

« Les enfants d’aujourd’hui feront les adultes de demain. Les adultes de demain feront la société »

Cette année, la clinique porte un sujet d’actualité trop souvent banalisé, masqué sous les traits du « harcèlement scolaire ». Poussés par leur volonté d’aider les jeunes et leurs parents face à ce phénomène, les membres du bureau de la clinique ont décidé d’intervenir dans les collèges pour alerter les jeunes d’une part, et orienter leurs parents d’autre part. Pour eux, il s’agit d’éveiller les consciences, et de créer un déclic chez les victimes ou les harceleurs. Comme le dit Sarah, « Les enfants d’aujourd’hui feront les adultes de demain. Les adultes de demain feront la société. »

Conscientes de l’investissement à venir, les deux fondatrices de la clinique tiennent toutefois à remercier les personnes qui ont cru en leur projet et les ont aidées à le mettre en place, et qui constituent pour partie le bureau. Parmi elles, elles comptent Salomé Auliard, Anaïs Gagnet, Anthony Roustan, Aymeric Ferdel, Alexandre Kong, Aubin Campilla, Olivia Cardin, Jaïna Pambou, et Numidie Bendala.

Les co-fondatrices soulignent également l’appui des quatre barreaux de la Cour d’appel de Versailles, qui se sont montrés très enthousiastes à l’idée de la clinique, ainsi que Monsieur Dumontet, et Monsieur Rakotoarison, qui sont respectivement Directeur et Président de l’HEDAC.

Vous pouvez contacter la clinique à l’adresse suivante : cj.hedac@gmail.com

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