« Stylo-Trottoir » Comment réussir sa licence en droit

Alexandre Vernisse

22 ans – Master 2 Droit Juriste Conseil d’Entreprise (DJCE), Université de Cergy-Pontoise

Quel a été le point fort de ta licence en droit?

Sans hésitation : mon année Erasmus à l’Université de Groningen aux Pays-Bas ! Partir étudier à l’étranger permet de rencontrer des étudiants du monde entier, découvrir d’autres systèmes juridiques, appréhender une approche différente de l’université, et surtout apprendre à parler couramment l’anglais, ce qui fait toute la différence une fois sur le marché du travail.

En trois conseils, quelle serait selon toi la clé de la réussite?

D’abord, travailler dès le début et adopter un rythme soutenu. Ensuite, essayer de faire des choix (de matières, d’orientation, de stages) cohérents et en adéquation avec ses aspirations. Enfin, ne pas s’oublier, c’est-à-dire ne pas délaisser sa vie étudiante. C’est important de prendre le temps de sortir avec ses amis, pratiquer des activités extra-universitaires tel que faire un peu de sport, ou encore de s’investir dans des associations par exemple.

 

Maïlys Formose

22 ans – Master 2 Management du risque, Université Paris Ouest – Nanterre La Défense

Qu’est-ce qui a été difficile pour toi durant ces trois premières années?

Le rythme de travail et le stress qui va avec. Il y a beaucoup à faire dans un temps réduit: d’une semaine sur l’autre, il faut rendre des devoirs de qualité, préparer d’éventuels exposés, apprendre ses cours en vue de contrôles et cela n’est pas toujours évident. Il faut beaucoup d’organisation et de rigueur dans son travail, en commençant par se fixer plusieurs fois par semaine une plage horaire consacrée pleinement au travail personnel. Certains préfèrent la bibliothèque universitaire, fournie en informations et où l’on peut échanger avec d’autres étudiants, moi j’aime travailler le soir seule chez moi à tête reposée. Mais pas de panique: on prend rapidement l’habitude de la charge importante de travail imposée, car dès la deuxième année les choses paraissent plus simples et un semblant de vie sociale refait peu à peu surface!

 

Vianney Turbat

22ans – Master 2 Droit international de l’Homme, de la sécurité et du développement, Université Catholique de Lille.

Sachant que tu en as fais l’expérience tout au long de ta licence, que penses-tu des doubles cursus en droit (droit français/droit anglo-américain, par exemple), et comment l’as-tu vécu?

Je crois sincèrement que c’est en étudiant le droit comparé qu’on mesure pleinement l’importance de prendre du recul sur le droit français. C’est, certes, d’abord une preuve de polyvalence et d’adaptation que de faire une telle formation – et de facultés incontestables pour l’appréhension des différents langages juridiques – mais surtout une ouverture sur de nouveaux horizons qui attise l’intérêt des professionnels, en master ou en entreprise. Avoir un tel parcours étudiant est forcément un atout arrivé sur le marché du travail, notamment car il permet de s’adresser à plusieurs pays recruteurs. Pour ceux ou celles qui aimeraient travailler à l’étranger, c’est un très bon premier pas.

Quelle a été ta motivation en choisissant le droit plutôt qu’un autre domaine de compétence?

Le droit est partout. Je considère ainsi la licence comme une véritable transition entre le monde adolescent et l’âge adulte, stimulant la réflexion, l’autonomie, l’affirmation, et affinant la stylistique, la rigueur de travail. Comme beaucoup d’indécis, je me suis retrouvé sur les bancs de la fac de droit un peu par hasard, par curiosité, et n’ai pas été déçu de l’enseignement général que dispense la licence et de la culture qu’elle apporte. Si c’était à refaire, j’y retournerai plutôt deux fois qu’une.

 

Magali Fraisse

23 ans – Master 2 Droit et pratique des contentieux publics, Université d’Aix-en-Provence.

La première année est-elle vraiment la plus difficile?

Je ne pense pas, du moins au niveau de la charge de travail. Je dirai que la clé pour réussir sa première année est l’assiduité: il faut aller en cours, malgré que les enseignements ne soient pour certains pas toujours à la hauteur de nos espérances… Règle numéro 1: ne jamais baisser les bras, le reste du cursus d’un étudiant en droit est passionnant!

Comment préparais-tu tes partiels et surtout, comment évitais-tu les fameux rattrapages?

Je travaillais chaque séance de travaux dirigés durant le semestre, ainsi que les « petites » matières, ce qui me permettait de gagner un temps considérable durant les révisions. Cela permet aussi d’éviter d’apprendre sans vraiment comprendre le fond du cours appréhendé, évitant ainsi les erreurs « bêtes » dans les copies, ou les contresens. Enfin selon moi travailler à deux est idéal: dans un premier temps il faut ficher ses cours seul, puis le fait de s’interroger mutuellement avec un(e) ami(e) permet d’être certain de les maîtriser et de garder le moral!

 

Antoine Joly

22 ans – Master 1 Droit international, Université de Cergy-Pontoise

Fraîchement diplômé d’une licence de droit, en ayant passé ta troisième année en Chine, qu’est-ce que t’ont apporté ces études tant sur le plan personnel que professionnel ?

La fac de droit est très formatrice! Toutes les problématiques juridiques y sont abordées de manière très scientifique de sorte qu’on acquiert rapidement de rigoureuses capacités d’analyse et de rédaction. Quant à mon expérience en Chine, elle m’aura permis de me remettre en question sur mes valeurs à la fois morales et personnelles. J’ai pris beaucoup de recul sur mes propres attentes du milieu juridique dans lequel je devrai m’épanouir professionnellement et cela m’a donc aidé à trouver la spécialisation qui me convient. Finalement, la licence de droit est avant tout culturellement très enrichissante.

En te remémorant ainsi ces trois années passées sur les bancs de la faculté, existe-t-il des choses que tu as ou que tu n’as pas faites et que tu regrettes aujourd’hui?

S’il y a un conseil que je peux donner c’est d’effectuer des stages professionnels le plus tôt possible, ce que je n’ai pas fait, et dans plusieurs domaines de compétence différents, pour mieux appréhender la sphère juridique dans son aspect concret. Par ailleurs, je dirai qu’il ne faut pas se laisser aller et ne pas attendre les partiels pour se mettre au travail car la réalité des études de droit est qu’on manque constamment de temps. Halte à la procrastination, et vive la motivation !

 

Sarah Barbé

22 ans – Master 2 Droit et éthique des affaires, parcours finance et investissement responsables

Quelle est pour toi la grande différence entre le lycée et la fac de droit?

L’autonomie! Qui se résume en la liberté absolue de faire ses propres choix (de matières, d’heures de cours, d’aller ou non en cours, etc…). C’est d’ailleurs là l’occasion d’adopter un nouveau style de vie, et surtout un nouveau mode de travail, mais aussi d’y faire de nouvelles rencontres – plus ou moins enrichissantes…Toutefois, devenir libre signifie également devoir assumer les conséquences de ses choix: c’est là que le terme «responsabilité», cher au droit français, apparaît et prend tout son sens!

Il parait qu’il est important d’aller en cours : info ou intox?

Ce n’est pas qu’une rumeur, bien au contraire: il est primordial d’assister aux cours magistraux, à noter que bon nombre sont passionnants, car ils permettent d’intégrer directement environ la moitié du sujet abordé. Dès lors, tout ce qui a déjà été assimilé lors des CM permet de gagner du temps.

En parlant de temps: t’en restait-il assez pour les sorties, afin d’éviter tant bien que mal le fameux burn-out?

Même s’il arrive d’avoir l’impression de ne pas avoir le temps de faire quoique ce soit, il est essentiel de le prendre ! La clé de la réussite dans les études de droit est selon moi l’efficacité: pour cela, il est nécessaire d’entretenir un certain équilibre de vie dont les sorties font évidemment partie intégrante. De plus, avec la majorité de nouveaux horizons s’offrent à vous!

 

Tehono Marchal

25 ans – Master 2 / MBA Droit des affaires et management – gestion, Université de Paris II – Panthéon-Assas.

Quelles sont selon toi les bonnes et mauvaises surprises d’une licence de droit?

La bonne nouvelle c’est d’abord l’apport culturel évident, puis la pluridisciplinarité des enseignements. Ce sont ainsi des études lourdes car tout est nouveau (les matières, la méthodologie très stricte des écrits, etc…), supposant un apprentissage soutenu et continu, mais la richesse des savoirs acquis à la fin n’a pas de prix. Cela a été pour moi un gage de maturité et de connaissances dont je ne peux qu’être fier. La mauvaise nouvelle, outre le travail à fournir et la difficulté relative à chacun pour s’adapter à l’environnement nouveau qu’est la fac, c’est qu’il faille acquérir très vite le «raisonnement juridique», qui est un véritable exercice de réflexion et de synthèse… Il ne faut alors pas hésiter à s’exercer chez soi ou entre amis, et demander des conseils.

As-tu effectué un job étudiant en parallèle de tes études?

Je n’ai pas travaillé durant la licence, me laissant du temps pour effectuer des stages. Mais plusieurs de mes amis le faisait et je pense qu’il suffit d’une bonne organisation, d’un peu de courage et surtout de volonté pour mener de front ses vies à la fois universitaire et professionnelle.

Que conseillerais-tu à un étudiant de première année concernant les éventuels stages à effectuer durant la licence?

Les stages présentent de nombreux avantages immédiats: c’est l’occasion de découvrir en pratique les professions que l’apprentissage du droit permet d’embrasser (avocature, magistrature, juriste d’entreprise…). Et médiats: ces différentes expériences aideront tant dans le choix que pour rejoindre la profession visée, justifiant, CV à l’appui, d’une première expérience en ce sens. Sans modération, donc.

Pourquoi refaire un master alors que tu es d’ores-et-déjà titulaire d’un Master et du CAPA?

Aujourd’hui il faut savoir que bon nombre d’étudiants en droit, malgré l’obtention de leur Master, continuent leurs études, notamment pour se spécialiser davantage ou pour passer des concours. L’état du marché du travail n’y est pas totalement étranger non plus. Moi j’avais envie d’acquérir des compétences en management, et comme la formation est en alternance, j’acquiers à la fois un diplôme et de l’expérience professionnelle.

Enfin, comment as-tu fait pour choisir ta spécialité, en contentieux en l’occurrence?

Le choix de la spécialité pour l’étudiant en droit peut être un moment complexe, qu’on se le dise. Rien ne vaut une bonne discussion avec ses professeurs et des professionnels pour pouvoir le faire. Pas d’inquiétude, le choix se fait surtout en Master.

 

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