Top 10 des conseils pour décrocher son master 2

Chaque année, de nombreux étudiants en droit passent par une étape clé de leur cursus : la sélection en M2 ! Bien que celle-ci fasse l’objet de nombreuses critiques, et même d’une réforme, elle demeure toujours présente : la plupart des facultés de droit n’ont pas encore mis en place la sélection à l’entrée en M1 pour la rentrée universitaire 2019/2020 (Bordeaux, Cergy, Montpellier, Nancy, Nanterre, Nice, Paris 2, Strasbourg, Toulouse…) mais il est fort probable que cet ajustement soit généralisé à l’occasion de la rentrée suivante. Certaines universités ont d’ores et déjà acté la réforme pour la rentrée 2019/2020. Tel est notamment le cas de Paris V ou de Lyon 3.

Si les notes obtenues représentent l’un des critères qui sera examiné, d’autres aspects de votre candidature seront étudiés. À travers cet article, je me suis lancé le défi suivant : éviter que vous commettiez certaines erreurs classiques d’une part, et vous donner quelques lignes directrices susceptibles de maximiser vos candidatures d’autre part.

1 – Ne vous autocensurez pas

 « Ce M2 me plaît, mais je viens de consulter les CV de la promotion actuelle : je n’ai aucune chance de l’intégrer ! »

Stop ! L’autocensure est probablement la première cause de frustration à l’issue du processus de sélection en M2. Chaque étudiant est unique et, par conséquent, il possède nécessairement des atouts et des défauts qui lui sont propres.

Gardez en tête que le facteur chance est important dans le processus de sélection en M2 : un détail à première vue insignifiant pour vous (par exemple, un loisir) pourrait plaire au directeur de tel master. De même, vos chances d’admission dépendront directement de la quantité et de la qualité des candidatures de l’année où vous postulerez. Mettez donc toutes les chances de votre côté en postulant, et croisez les doigts. Il vaut mieux recevoir une lettre de refus qu’avoir le moindre remord !

 2 – Anticipez vos candidatures

Les candidatures de M2 doivent être raisonnablement anticipées pour plusieurs raisons.

Premièrement, le processus de sélection en M2 est propre à chaque université. Parfois, il diffère même selon les masters d’une même université. Par conséquent, les candidatures sont ouvertes sur des périodes différentes. Je vous conseille de faire un tableau recensant tous les M2 que vous avez demandé et d’y indiquer les dates clés, notamment les dates d’ouverture et de clôture des candidatures. Il serait dommage de louper une deadline non ?

Deuxièmement, anticiper vos candidatures présente l’avantage de ne pas précipiter la préparation de votre dossier : il est déconseillé d’élaborer votre CV ou votre lettre de motivation à la dernière minute. Seront ainsi évitées coquilles, fautes d’orthographes et présentations bâclées.

Troisièmement, les candidatures de M2 peuvent avoir lieu pendant une période clé de l’année universitaire : les partiels ! Afin d’éviter tout stress inutile, préparez donc vos candidatures en amont (au moins le CV et la lettre de motivation) et révisez sereinement. Comme ça, rien ne sera bâclé.

Enfin, je vous déconseille d’envoyer votre dossier la veille de la deadline. Les directeurs de M2 n’attendent pas nécessairement la date de clôture des candidatures pour jeter un premier œil (voire plus) aux différents dossiers reçus.

À titre personnel, j’ai commencé à regarder les différents M2 et le contenu des dossiers d’inscription alors que j’étais seulement en licence. Dans la mesure du possible, je vous conseille d’en faire autant afin que vous puissiez vous faire une idée des différents éléments demandés par les directeurs de formations. Par exemple, dans le dossier de candidature à la sélection nationale du DJCE (le dossier est téléchargeable sur le site de la FNDE), vous constaterez qu’il vous est notamment demandé de détailler vos activités collectives universitaires ou extra-universitaires. Etudier un peu en avance les dossiers d’inscription vous permettra de détecter les points faibles de vos candidatures, et de vous laisser une marge pour essayer de les minimiser.

Notez également qu’anticiper ses candidatures, c’est aussi prévoir un peu d’argent de côté. En effet, toutes les universités ne sont pas encore au numérique : il faudra donc prévoir des frais postaux (en recommandé) et parfois des frais annexes (frais d’inscription, tests de langues…).

3 – Faites un dossier irréprochable, personnalisé et vendeur

Tout bon juriste se doit d’être rigoureux : les candidatures en M2 constituent un bon exercice pour démontrer que vous possédez effectivement cette qualité !

Deux éléments de votre dossier seront particulièrement étudiés : le CV et la lettre de motivation. Vous trouverez de très bons conseils pour les rédiger dans le Guide de l’étudiant en droit (disponible en version numérique).

Le CV sera un élément décisif dans vos candidatures. Différentes catégories classiques doivent être clairement distinguées : formation, expérience professionnelle, langues et loisirs. Dans l’ensemble, il doit être sobre (limitez les couleurs, vous n’êtes pas étudiant en école de graphisme), uniforme, et surtout clair.

La lettre de motivation est le second élément à ne surtout pas négliger dans vos candidatures. Vous ne devez pas voir cette lettre comme une formalité administrative à subir : au contraire, elle doit être le véhicule de tous vos arguments laissant penser que vous devez intégrer la prochaine promotion de ce master. Vous l’aurez compris, votre lettre de motivation devra impérativement être adaptée (au moins partiellement) à la formation demandée. Veillez à être clair, synthétique et à ne pas trop répéter votre CV. Exit les lettres de motivation creuses et passe-partout. Ayez au moins un projet à vendre dans votre lettre, même si celui-ci n’est pas définitif : cela ne vous engage à rien, sauf à le défendre à l’éventuel oral auquel vous serez convoqué.

Je vous conseille de faire relire votre lettre de motivation par les étudiants de la promotion sortante : ils peuvent facilement être contactés en tapant le nom de la formation en question sur Facebook, LinkedIn, ou tout simplement sur le site de la formation.

4 – Montrez votre motivation

Dire que vous êtes motivé, c’est bien, mais le démontrer avec des preuves à l’appui, c’est beaucoup mieux ! Soyons honnêtes, tout le monde dit qu’il est motivé et qu’il veut faire de telle spécialité son métier. Mettez-vous à la place du professeur : qu’est-ce qui le pousserait à vous croire sur parole ?

Il va donc falloir vous démarquer, car tout le monde ne sera pas pris ! Il existe différents moyens de prouver que vous êtes réellement motivé(e). Pour vous donner des exemples, voici les quelques actions que j’avais entreprises en amont de mes candidatures.

Premièrement, j’avais suivi des MOOCs et je pouvais le prouver en joignant le certificat de réussite à mon dossier. J’ai fait le choix de suivre des MOOCs juridiques mais pas uniquement : l’ouverture d’esprit est une qualité généralement appréciée par les directeurs de master, mais également par les employeurs. La grande majorité des MOOCs sont dispensés en anglais, ce qui peut être un moyen de se cultiver tout en améliorant et en attestant d’un certain niveau d’anglais.

Deuxièmement, j’avais rédigé un article juridique que j’avais publié dans un journal (Le Petit Juriste en l’occurrence, mais pensez également au journal de votre université). Les directeurs de master exercent en principe une activité de recherche : il peut donc être stratégique d’aiguiser leur curiosité par un tel travail, à condition de le faire correctement. Pensez à le faire relire par votre chargé de TD ! Et si vous souhaitez écrire pour nous, n’hésitez pas !

Enfin, j’avais également précisé à la fin de ma lettre de motivation ma volonté de participer voire même de développer la vie associative du master afin de sensibiliser l’attention du directeur sur ma candidature. Le master n’a pas d’association ? Proposez d’en créer une !

Vous devez donc faire passer des messages au directeur de la formation : lui montrer que vous êtes à la fois quelqu’un de réellement passionné mais également une personne proactive !

5 – Ne postulez pas uniquement dans votre université actuelle

Au moment des candidatures, vous aurez peu de visibilité concernant les autres prétendants aux M2 que vous convoitez : en clair, vous pourrez difficilement vous situer.

Vous l’aurez compris, en principe vous ne serez à l’abri de rien : il faudra donc limiter le risque de vous retrouver sans M2 pour la rentrée prochaine. Pour ce faire, il apparaît raisonnable de demander des masters dans d’autres universités. Et ça tombe bien, car les universités françaises proposent un large choix de masters en droit.

Pour vous donner un coup de main, nous avons créé le Guide des Formations Juridiques. Vous le retrouverez ici.

Ne craignez pas de partir de votre université d’origine, un grand nombre d’étudiants le font chaque année pour diverses raisons (réputation du M2, proximité géographique avec les cabinets et entreprises, partenariats…).

Si le M2 de vos rêves se trouve à Paris, postulez. Contrairement aux idées reçues, les promotions ne sont pas uniquement remplies d’élèves ayant uniquement étudié dans ces universités. Parfois c’est même le contraire : certains M2 parisiens sont remplis à plus de 50 % par des étudiants issus d’universités de province !

6 – Soyez cohérent

Afin que votre candidature paraisse sérieuse auprès des directeurs de M2, celle-ci doit être pertinente à au moins deux niveaux.

Le premier niveau est d’ordre académique : le master que vous demandez doit généralement être en lien avec la spécialité et les matières que vous avez choisi au cours de vos études antérieures. Certes, le choix de matières en L3 et en M1 n’est pas rédhibitoire, mais demander un M2 droit fiscal sans jamais avoir étudié la fiscalité me semble risqué. Toutefois, demander un M2 droit privé général à la suite d’un M1 droit des affaires ne me semble pas impertinent. Faites donc les bons choix, et n’hésitez pas à demander conseil à vos professeurs.

Le second niveau est d’ordre professionnel : le M2 auquel vous vous portez candidat doit correspondre à votre projet professionnel. Comme énoncé plus haut, votre projet se doit d’être défini, au moins partiellement (quitte à en changer par la suite). Un directeur de M2 aura du mal à privilégier la candidature d’un étudiant ne sachant pas quelle direction prendre après quatre années de droit.

7 – Passez un test d’anglais

Le niveau d’anglais est un élément important chez les étudiants en droit, notamment dans les branches droit des affaires et droit international. Pour certains masters, c’est obligatoire, pour d’autres, c’est une simple formalité. Il est donc conseillé de passer au moins un test d’anglais afin d’attester un certain niveau de compétences en anglais.

Le TOEIC me semble être le bon compromis : ce test est l’un des moins chers sur le marché (comptez tout de même une centaine d’euros, voire moins si votre université organise des sessions) et obtenir un bon score ne relève pas de l’insurmontable, à condition de travailler le fond mais surtout la forme de cet exercice. En revanche, si le score obtenu est trop bas, il est préférable de ne pas le mentionner dans sa candidature.

8 – Préparez vos oraux

L’intégration d’un M2 n’est pas nécessairement subordonnée à un entretien : cela dépend de la formation demandée. Si le directeur a fait le choix de sélectionner les étudiants sur entretien, la phase de sélection se déroulera en deux phases :

  • l’admissibilité : convocation à un entretien suite à l’examen du dossier et
  • l’admission : sélection définitive de l’étudiant à la suite de l’entretien.

Les oraux sont assez spécifiques à chaque master. Par exemple, certains directeurs vous interrogeront sur des questions juridiques alors que d’autres souhaiteront vous rencontrer pour connaître votre projet. Vous percevrez encore une fois l’importance d’entrer en contact avec les étudiants de la promotion sortante, qui sont en principe passés par cette même étape.

Toutefois, vous pouvez raisonnablement vous attendre à ce que l’on vous demande de vous présenter (vous, votre formation et votre expérience) et les bonnes raisons vous amenant à candidater à ce M2.

Travaillez bien votre CV : le jury l’aura inévitablement sous ses yeux lors de l’entretien. Vous devrez donc être capable de parler de tout ce qui figure dessus, et plus particulièrement les éléments sortant un minimum de l’ordinaire. À titre illustratif, j’avais mentionné les MOOCs que j’avais fait : tous les jurys ont été interpellés par cet aspect de ma candidature, cela a parfois même occupé 75 % de l’entretien (le fonctionnement, mon avis sur l’avenir de ce mode d’enseignement etc..).

Concernant la tenue, pour les garçons, c’est costume et cravate. Soyez sobres et n’en faites pas trop. Les filles sauront probablement mieux que moi quoi porter (un tailleur ou un pantalon chic et une chemise sobre).

Pour évaluer vos chances d’admission, essayez de vous renseigner sur le nombre de personnes convoquées à l’oral : certains directeurs de M2 convoquent quasi-systématiquement tous les candidats. Rien n’est donc gagné avant l’oral : il va donc falloir défendre au mieux votre candidature !

9 – Soyez incollable sur la formation en question

Avant de vous porter candidat à un M2, il est essentiel de se renseigner sur le diplôme dans sa globalité : enseignements, professeurs, activités et événements organisés.

Normalement, vous trouverez tout sur le site de l’université en question ou sur le site du M2. Essayez également de participer aux journées portes ouvertes ou aux colloques organisés par la formation : rencontrer les étudiants et professeurs vous permettra de cerner les réelles exigences des professeurs, et plus généralement d’avoir quelques informations sur tout ce qui n’est pas écrit sur les supports de présentation de la formation.

10 – N’écoutez pas les bruits de couloir

« Tel M2 ne prend que si on a telle moyenne, tel M2 est mieux que cet autre M2, il faut absolument candidater avec déjà un stage ou une alternance… ».

À la fin du M1, décrocher son M2 est la préoccupation de tous les étudiants. Sans faire de généralité, certains étudiants mal intentionnés (ou mal informés) n’hésiteront pas à raconter tout et n’importe quoi dans les couloirs ou sur le groupe Facebook de la promotion. Certes, chaque M2 a ses spécificités, mais il est important de bien vérifier ses sources avant de sous-estimer ses chances. Le plus simple est d’interroger directement les étudiants de la promotion actuelle ou mieux le directeur de la formation.

  Nicolas Gentile

 Auteur de « Chronique d’un étudiant en M2 : comment j’ai passé la sélection en master de droit » (Enrick B Editions, mars 2018), où il répond aux interrogations fréquentes des étudiants en droit, en s’appuyant sur les retours d’expérience d’étudiants ayant passé la sélection et de témoignages de directeurs de M2. Il est diplômé de l’université Paris II Panthéon-Assas ainsi que de l’University College de Londres (UCL).

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