Je suis juriste en Suisse et je vis en France : le compromis idéal ?

Un taux de chômage très faible, un PIB par habitant très haut, et une fiscalité avantageuse… au delà des apparences, la Suisse est-elle véritablement la destination idéale pour les jeunes professionnels du droit français ?

L’opportunité s’est présentée à moi : un poste au sein de l’équipe juridique centrale d’une entreprise commerciale internationale basée à Genève. Mes missions n’ont pas manqué de diversité : assister les membres de l’équipe dans leurs recherches, rédiger des notes, rendre des rapports… Le tout dans une ambiance de travail stimulante et dynamique. La confédération helvétique n’est pas un territoire uniforme : les suisses-allemands et les suisses- romands, et les habitants de chacun des cantons, n’ont que peu de choses en commun et nourrissent les uns envers les autres une vraie rivalité. Mais Genève regorge d’opportunités. La ville aux influences multiples abrite le siège de nombreuses sociétés et organisations internationales. C’est aussi un pôle culturel intéressant, avec notamment le MAMCO, un musée du design d’une renommée mondiale. Mais ce que l’on remarque en premier, c’est le dynamisme de la ville.

Une ville dynamique au train de vie élevé

Le dynamisme est surement le premier avantage qu’offre Genève. Les membres de l’équipe dont je faisais partie étaient tous originaires d’un pays non francophone. L’atmosphère à l’anglo- saxonneoffre quant à elle un savant mélange de réactivité et de techniques managériales contemporaines. De quoi attirer les étudiants et jeunes professionnels français du droit désireux de se mesurer à une activité d’envergure globale. C’est d’ailleurs en cela que Genève marque encore des points : un premier poste dans la ville est assurément un tremplin pour une future recherche d’emploi dans d’autres pôles internationaux,comme Londres. À cela s’ajoutent des salaires remarquablement élevés. En dehors de la vie de bureau, la ville, qui compte deux-cent mille habitants, s’agite au rythme d’une population jeune et active, et d’une vie nocturne mouvementée.

Des frontaliers peu appréciés

Le prix de la vie dans le canton de Genève est très élevé, tant pour le logement que les achats quotidiens. Ce qui pousse plus de soixante-cinq mille étrangers, dont un pourcentage écrasant de français, à vivre dans leur pays et à traverser la frontière tous les jours pour travailler en Suisse, dans des secteurs divers. Ce ballet provoque l’ire d’une partie de la population suisse. Particulièrement virulents, les partis politiques condamnent d’ailleurs sévèrement les frontaliers profitant du système suisse sans y vivre.

Abstraction faite d’une certaine amertume envers l’étranger, voici ce qui reste: une ville énergique, offrant des opportunités dans des domaines juridiques très variés (droit fiscal et bancaire, droit international public, droit commercial, etc.) et un cadre de vie intéressant, quoique vraiment cher. Genève est par ailleurs la porte d’accès à une zone géographique sauvage et montagneuse qui attire les sportifs de tout calibre. Ces éléments en main, tout pousse à penser que les points positifs l’emportent sur les quelques aspects négatifs. Genève constitue donc une ville que tout juriste français peut sérieusement considérer pour une recherche d’emploi ou de stage notamment dans le cadre d’une carrière tournée vers l’international.

Pierre-Louis Boret

One comment

  1. Bonjour,
    Je me permets de vous écrire sous ce post car j’ai des questions concernant votre parcours :
    Tout d’abord, le diplôme de droit dont vous êtes titulaire, est un diplôme français ou suisse ? Est-il possible de travailler en suisse avec un diplôme de droit français ? Dans quel secteur du droit avez-vous travaillé en Suisse ?

    Bien à vous

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