Juliette Laffargue, commissaire de police : « Nous sommes en prise avec la vraie vie »

A 25 ans, Juliette Laffargue, fraîchement diplômée de l’ENSP (École nationale supérieure de la police), officie au commissariat de police du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) depuis juillet dernier. Elle est désormais plongée au quotidien dans la réalité de ce métier qui la passionne.

La première fois que j’ai mis les pieds dans un commissariat lors d’un stage, j’ai été happée par l’ambiance qui y régnait et je me suis dit que c’était dans cet endroit que je voulais définitivement passer mes journées », confie Juliette Laffargue. Alors étudiante en troisième année à la faculté de droit et de sciences politiques de Bordeaux, la jeune femme vise un seul objectif : intégrer l’ENSP, la célèbre école qui forme des commissaires et officiers de police.

Un concours très sélectif

À l’issue de son M2 de droit public, elle passe donc le difficile concours pour y accéder. Elle réussit les épreuves écrites (culture générale, cas pratique, composition de droit administratif et de procédure pénale) et physiques (parcours d’habileté motrice, test d’endurance cardio-respiratoire Luc Léger…) et enchaîne avec le grand oral. « Devant un jury de huit neuf personnes, composé de commissaires de police, de psychologues, de magistrats…, je suis tombée sur le sujet de la mort sur lequel j’ai dû argumenter. Il y avait beaucoup à dire… » Après des tests psychotechniques, des mises en situation collectives et individuelles et une épreuve d’anglais, Juliette se voit admise dans la prestigieuse école de la police. La jeune femme s’est totalement épanouie durant ces vingt-deux mois de formation : « On alterne cours théoriques et stages sur le terrain et on y découvre tous les métiers de la sécurité publique, le travail judiciaire… Sur le terrain, on ressent aussi le regard des gens face à l’uniforme, au port de l’arme. Nous sommes en prise avec le réel, la vraie vie. » L’un de ses meilleurs souvenirs reste le défilé du 14 juillet de sa promotion sur la plus belle avenue du monde : « J’ai vécu un moment d’exception dont je suis très fière. »

Être disponible et agile pour traiter l’urgence

Ses journées démarrent à 8h au commissariat. Elle fait le point avec ses équipes sur la nuit passée, les différentes interventions qui ont eu lieu sur la voie publique, sur les affaires en cours… et donne ses directives pour la journée. « En début d’après-midi, l’activité sur la voie publique s’intensifie. Il y a des urgences opérationnelles à régler et donc des dispositifs d’intervention à mettre en place rapidement », explique la jeune commissaire. Contrôles de bars, enquêtes avec interpellations, opérations de visites de parties communes, de lutte contre les stupéfiants… se succèdent. « Il faut avoir une certaine agilité, accepter de traiter l’urgence et donc d’être disponible. La journée ne se finit pas toujours à 19h30. Elle peut s’étendre sur la soirée voire la nuit. Cela a donc une implication sur la vie privée », avoue Juliette.

Elle aime « cette urgence, cette effervescence dans le commissariat, toutes ces personnes qui entrent et qui sortent, ce bruit continu ». Et de souligner : « Cela ne s’arrête jamais. C’est un monde à part mais tellement passionnant ! C’est un métier fondamentalement humain. À l’extérieur, je suis au service du citoyen et dans le commissariat, au service de mon équipe dont je dois garantir la santé physique et morale.» Elle avoue faire beaucoup de sport pour lâcher prise et précise qu’il est essentiel dans ce métier d’être loyal, rigoureux et équilibré car l’on fait face au quotidien « à des situations très compliquées ». Mais Juliette savait ce qui l’attendait et après plus de trois mois d’exercice, elle endosse son rôle de commissaire de police avec une motivation et une détermination sans faille.

Séverine Tavennec

Se former au métier de commissaire de police

Pour devenir commissaire de police, il faut passer le concours externe ouvert aux diplômés d’un M2 (à dominance juridique, IEP…) et qui ont réussi les tests de ­présélection physique. L’âge limite est de 35 ans.

À l’issue des épreuves écrites d’admissibilité (dissertation sur un sujet d’ordre général, cas pratique, questionnaire à choix multiple, composition sur le droit administratif général et/ou les libertés publiques et/ou le droit de l’Union européenne et sur le droit pénal général et/ou la procédure pénale) avec un résultat supérieur à 152, le candidat doit réussir deux épreuves physiques (parcours d’habileté motrice, test d’endurance cardio-respiratoire Luc Léger…). Un grand oral a lieu ensuite devant un jury composé de commissaires de police, de psychologues, de magistrats… puis des tests psychotechniques, des mises en situation collective et individuelle et une épreuve d’anglais.

Le lauréat intègre ensuite une formation de vingt-deux mois au sein de l’ENSP (École nationale supérieure de police) alternant formation en école et stages sur le terrain.

Pour en savoir plus :
École nationale supérieure de la police : www.ensp.interieur.gouv.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.