« Le greffier est le garant de la procédure » 

A 28 ans, Clara Lyons est greffière au tribunal d’instance de Gonesse (95). Diplômée de l’Ecole nationale des greffes, à Dijon, elle exerce ce métier depuis un an. La jeune femme nous décrit son quotidien et son rôle essentiel au sein de la machine judiciaire.

« Sans la signature du greffier, le jugement n’a pas de valeur » explique Clara. La jeune femme tient à souligner le rôle majeur du greffier au sein des tribunaux.  « Lors de l’audience, ma mission est d’assister le magistrat. Je dois écrire tout ce qui se dit, tout ce qui se passe. Je suis là pour faire mon travail d’authentificateur » précise-t-elle.

Clara qui officie au tribunal d’instance de Gonesse (95), prend donc en note durant l’audience, les déclarations des personnes jugées, inscrit les réquisitions du parquet et dresse un procès-verbal d’audience qui fait foi. Après l’audience, elle doit mettre tout cela en forme, signer le procès-verbal d’audience qui est classé au dossier. Le magistrat s’appuiera en partie sur ce document pour rédiger le jugement.

Un maillon essentiel de la machine judiciaire

« Nous avons une grande responsabilité. Les greffiers sont les garants de la procédure. Je suis persuadée que beaucoup de gens méconnaissent cet aspect de la profession. Sans le greffier, la machine judiciaire ne fonctionne pas. J’aime ce métier aux multiples facettes : le travail avant l’audience où je prépare les dossiers, durant l’audience, où je dois être attentive et concentrée pour que rien ne m’échappe et après l’audience où je travaille en étroite collaboration avec le magistrat » confie la jeune femme. Elle ajoute que sans une connaissance approfondie du droit et des procédures, le greffier ne peut mener à bien sa mission. Il doit aussi faire preuve de concentration, de rigueur et de discrétion car « on apprend beaucoup sur la vie privée des gens ».

Orienter et accompagner le justiciable

Et ses missions ne s’arrêtent pas là. Au tribunal d’instance de Gonesse, Clara est aussi chargée d’accueillir, d’orienter et d’accompagner le justiciable dans ses démarches ou formalités judiciaires : « Le greffier est le premier interlocuteur des usagers. Nous devons donner une image positive. J’apprécie notamment mon métier pour cette dimension humaine. Pour l’exercer, il faut aimer le droit et les gens » souligne la jeune greffière.

Le droit a toujours attiré Clara. Après son bac, elle opte naturellement pour la fac où elle décroche cinq ans plus tard un master 2 en droit public et privé de la santé. Ne se destinant pas au métier d’avocat, elle vit une période de doute professionnel et s’inscrit à Pôle Emploi. L’organisme lui décroche finalement un stage au sein d’un greffe. « Cela a été une révélation Après un entretien avec un directeur de greffe pour avoir plus de précisions sur le métier, j’ai enchaîné avec une classe prépa pour préparer le concours d’admission à l’Ecole nationale des greffes, à Dijon. »

Un concours et 18 mois de formation

Après avoir réussi les deux épreuves écrites, Clara décroche un 18,5 à l’oral et intègre donc l’Ecole nationale des greffes pour dix-huit mois de formation rémunérés (trois mois de formation théorique et quinze mois de stages). Ses différentes expériences au sein de tribunaux dont le tribunal d’instance de Nogent-sur-Marne, lui permettent d’apprendre le métier sur le terrain et la confortent dans son choix. A l’issue de la formation, comme toute sa promotion, Clara prête serment : « J’étais très émue et fière d’appartenir désormais à cette profession. »

Voilà maintenant un an que la jeune greffière exerce au tribunal d’instance de Gonesse avec toujours autant de plaisir : « C’est un beau métier, au contact des gens, qui contribue au bon fonctionnement de la justice. J’encourage les jeunes qui souhaiteraient s’orienter dans cette voie à multiplier les stages pour découvrir la richesse de cette profession. » Prenez-en bonne note !

Séverine Tavennec

Se former au métier de greffier

Le concours externe pour devenir greffier est ouvert aux titulaires d’un bac + 2 (même si la majorité des candidats ont un bac + 5). Deux épreuves écrites d’admissibilité les attendent : une note de synthèse et deux séries de questions relatives à l’organisation administrative et judiciaire française mais aussi sur la procédure civile et prud’homale et sur la procédure pénale. S’ils réussissent l’écrit, ils auront ensuite une épreuve orale d’admission de vingt-cinq minutes devant un jury afin de présenter leur parcours.

Les lauréats intègreront alors un cursus de dix-huit mois au sein de l’Ecole nationale des greffes de Dijon qui alterne formation théorique (trois mois) et stages en juridictions (quinze mois). Le choix des postes s’effectue en fin de formation en fonction du rang de classement des stagiaires à partir d’une liste des postes nationale établie par l’administration.

Pour en savoir plus : Ecole nationale des greffes : www.eng.justice.fr

 

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