Sport et études de droit : la course folle de Mathilde Sénéchal

Crédit photo : Pascal Chaintron

Championne de France de cross espoir et vice-championne de France élite sur 5 000 mètres, Mathilde Sénéchal, 22 ans, intègre cette année le M1 droit des affaires approfondi à l’université de Lyon 3. L’athlète de haut niveau vise les JO 2024 et souhaite ensuite passer le concours du CRFPA pour devenir avocate.

L’amour de la course, Mathilde le doit à son père avec lequel elle participait, déjà toute jeune, aux courses de quartier. « C’était pour nous l’événement de l’année. On s’y préparait longtemps à l’avance. On repérait l’itinéraire, on le faisait et le refaisait. On prenait cela très au sérieux. J’adorais courir » se souvient la jeune femme. Au collège, elle sera vite repérée par son professeur de sport qui lui conseille de rejoindre un club. Elle veut prendre le temps d’y réfléchir. Sa prestation aux championnats de France de cross UNSS (Union nationale du sport scolaire) qu’elle remporte, finit de la convaincre. « Dans la foulée, je me suis donc inscrite à l’AJBO, le club le plus proche de chez moi » raconte la jeune Blésoise.

Un entraîneur fidèle qui a toujours cru en elle

Voilà maintenant huit saisons passées au sein de l’AJ Blois-Onzain : l’athlète est restée fidèle à son club et à son entraîneur Daniel Aubry. « Il a toujours cru en moi, a vite décelé mon attitude de course économique et surtout m’a vu progresser d’années en années » confie la sportive. En 2017, elle intégrera ainsi l’équipe de France et arrivera deuxième aux Championnats d’Europe junior sur 3 000 mètres en fond : « Je ne savais pas ce que je valais. Cette course a été l’élément déclencheur » avoue l’athlète. Aujourd’hui, à 22 ans, Mathilde peut se targuer d’un beau palmarès en additionnant les titres : championne de France de cross espoir dans sa catégorie (des moins de 23 ans), vice-championne de France élite sur 5 000 mètres, dixième des championnats d’Europe Espoir, soixantième des championnats du Monde Seniors (première sélection en senior).

Etre la plus performante possible dans sa discipline sportive mais aussi à la fac de droit

Son objectif : les JO de Paris 2024.  Elle s’y prépare avec son entraîneur. « Cela va arriver vite. Nous allons y aller étape par étape. Mon entraîneur a mis en place un projet avec des objectifs et des places à atteindre. Il va falloir franchir ces étapes et surtout garder la tête froide » explique la jeune femme qui souhaite être la plus performante possible dans sa discipline sportive mais aussi à la fac. Mathilde intègre cette année le M1 droit des affaires approfondi à l’université de Lyon 3. Elle bénéficie d’aménagements notamment pour les partiels et les stages. A l’université d’Orléans où elle a effectué sa licence de droit européen, la jeune athlète a pu suivre sa L3 en deux ans. « Quand je suis arrivée en première année de licence de droit à la fac d’Orléans, il a fallu leur faire comprendre qu’un arrangement était nécessaire pour pouvoir concilier mes entraînements intensifs et mes études. J’étais en droit de le demander en me référant à des textes juridiques qui précisent ces conditions d’aménagement de la scolarité des sportifs de haut niveau. Ce cas de figure était néanmoins inédit pour l’équipe administrative mais ils ont été très vite réceptifs, ont suivi mes résultats et m’ont fait confiance » raconte l’étudiante.

Travail, organisation et détermination

« Après 2024, j’aimerais passer le concours du CRFPA pour devenir avocate en droit des affaires ou droit du travail ou pourquoi pas en droit du sport. Dès la première année de droit, j’ai adoré cette matière. Cela demande beaucoup de travail et d’organisation pour concilier ma passion de la course et mes études. Le sport m’apporte depuis toujours cette discipline nécessaire pour réussir. » La jeune athlète s’entraîne ainsi deux fois par jour soit très tôt le matin ou en fin de journée et potasse ses cours de droit le soir. Comme elle n’a guère le temps d’exercer un job étudiant, ses parents lui apportent un soutien financier pour payer notamment son loyer à Lyon et pour les équipements sportifs, elle bénéficie de l’aide de quelques entreprises locales. Autant de personnes qui la soutiennent et qui lui donnent des ailes pour donner le meilleur d’elle-même, décrocher d’autres titres et arriver fin prête aux JO. Rendez-vous en 2024 !

Séverine Tavennec

 

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